Historique


C'est pendant la guerre de cent ans qui opposait le roi de France au roi d'Angleterre, que l'histoire du canari débuta. Très inquiet de l'avenir, Jean de Béthencourt, navigateur normand, décide de mener une expédition après avoir entendu des marins diépois parler des îles de la Bonne Fortune , ainsi nommées à l'époque par les grecs.

Après un voyage de reconnaissance, et ayant obtenu l'appui du roi Henri III de Castille il s'associe à Gadifer De La Salle , Chambellan du Duc d'Orléans, afin de prendre la tête d'une petite expédition, qui partit du port de La Rochelle le 1er mai 1402.

La population étant peu nombreuse, peu armée et particulièrement pacifique, la conquête de ces îles maintenant appelées îles Canaries, n'en fut que facilité. C'est en explorant ces îles que Jean de Béthencourt et son équipage découvrent de petits oiseaux que les indigènes maintenaient en cages. Ces oiseaux appelés serin, avaient surtout séduit l'oreille de l'explorateur, car leurs chants étaient très agréables et mélodieux. Etant nommé par le roi d'Espagne, Gouverneur des îles Canaries, Jean de Béthencourt offre en hommage à la cour de Castille, ces merveilleux oiseaux qu'il avait ramené de son expédition. Ceux-ci eurent un très grand succès, principalementà la cour de France, où la reine Isabeau de Bavière, très grande passionnée d'élevage d'oiseaux, confia à un gouverneur et trois valets la charge de ses volières.

Rapidement, ce canari sauvage devint de plus en plus élevé et domestiqué, mais surtout très convoité par la majeur partie des souverains Européens. Entre-temps, les Espagnols étant devenus les maîtres des îles Canaries en 1493, décident d'organiser et de contrôler le commerce et l'importation de ces serins ; ils s'étaient rendu compte que ces petits virtuoses du chant se reproduisaient très facilement en captivité et qu'ils étaient dans leur intérêt d'interdire l'exportation des canaris femelles afin d'éviter la multiplication des élevages en Europe et de garder le monopole de ce commerce très lucratif. Mais malheureusement pour eux, un navire venant des Canaries s'échoua au XVIème siècle au large de l'île d'Elbe et beaucoup d'oiseaux, dont quelques femelles qui s'étaient glissées dans le lot par mégarde, en profitèrent pour s'échapper. Les conditions climatiques étant plus ou moins proche de celles de leur île d'origine ceux-ci n'eurent aucun mal à se reproduire entre eux, ainsi qu'avec les oiseaux originaires decette terre d'accueil. C'est donc en capturant ces canaris que les italiens purent développer l'élevage.

Rapidement les éleveurs se mirent à vendre leurs oiseaux un peu partout en Europe, principalement au Tyrol, en France, en Hollande et en Belgique, mais aussi en Russie, en Egypte et en Turquie. C'est seulement en 1575 que les canaris arrivèrent de France pour l'Angleterre. C'est d'ailleurs, dit-on, dans ce pays que les 1ers canaris jaune firent leurs apparitions et plus précisément à la cour de la Reine Elisabeth I d'Angleterre, qui possédait de très grandes volières. Celle-ci offra très régulièrement à ces fidèles des couples de canaris jaune or portantdes bagues en or.

C'est environ un siècle plus tard que le commerce de ces oiseaux prend de l'essor. Malgré des prix exorbitants, de nombreux grands bourgeois et nobles n'hésitaient pas à acquérir plusieurs couples afin d'essayer de les faire se reproduire. Il se disait même à l'époque que ceux-ci pouvaient posséder plusieurs dizaines de cages d'élevages dans les différentes pièces de leur habitat (salon, chambres, cuisine, vestibule...).

C'est en 1709 que parait le 1er ouvrage concernant les canaris. L'auteur, Hervieux de Chanteloup l'avait intitulé "Nouveau traité des serins des Canaries", il contenait de nombreux et précieux renseignements comme : les différentes variétés de canaris (au nombre de 29 à l'époque), l'élevage, les maladies, le chant et la façon de les entraîner au chant... Il devint par la même occasion le gouverneur des serins de la princesse de Condé. Il écrivit ensuite deux nouvelles éditions l'une en 1713 et l'autre en 1745.

A cette époque, le commerce de ces petits oiseaux était devenus très répandu, on pouvait même les acquérir sur des marchés aux oiseaux qui se tenaient principalement dans la capitale ; on pouvait même y faire l'achat d'oeufs. Bien sûr, les prix étaient encore à l'époque très prohibitifs, car un canari pouvait être négocié au prix d'un troupeau d'une dizaine de brebis.

A la même période, un autre commerce voit le jour, celui de la serinette. C'était un instrument qui permettait d'éduquer les serinsau chant, d'ailleurs de nombreux airs musicaux étaient composés uniquement à cet effet. Son fonctionnement était très simple, il suffisait d'actionner une manivelle qui entraînait un tambour.

Ce n'est qu'au début du XIXème siècle que le canari c'est popularisé, devenant accessible à toutes les classes sociales. Le commerce et l'élevage s'en trouvent alors grandit. Ce qui permet à l'Allemagne de devenir le 1er producteur au monde. Car de nombreux mineurs se mirent à élever à grandes échelles ce merveilleux petit oiseaux après avoir quitté l'Autriche à lafermeture des mines pour émigrer en Allemagne et principalement dans le région du Harz. Ceux-ci s'étaient rendu compte que leurs oiseaux possédaient un chant assez intéressants et après avoir effectué de nombreuses sélections principalement sur la qualité du chant, naquit le Harzer roller ( Harzer, pour larégion où il avait été élevé et roller, pour les magnifiques roulades que ce petit virtuose effectuait ). L'on put ainsi exporter plusieurs centaines de milliers de canaris par an vers les différents continents.

A l'heure actuelle, on trouve des canaris dans la majeure partie du monde que ce soit canari de chant, de couleur ou de posture ; ainsi que de nombreux clubs ou associations qui comptent dans leurs rangs des dizaines voire des centaines d'éleveurs.

L'archipel des îles canaries compte encore, de nos jours, de nombreuses colonies de serins des canaries.

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